Dahab : et si vous partiez plonger en Mer Rouge ?

Dahab, l’ancienne ville de l’or des pharaons…

Envie de chaleur, d’eau bleue et transparente après un trop long hiver ? C’est facile : en Mer Rouge, on plonge toute l’année ! Pour les français, cela reste la destination plongée de choix, avec le meilleur rapport qualité/prix. Sur nos pages Mer Rouge (link), vous trouverez la liste des centres de plongée testés par Tribloo et prêts à vous accueillir.

Si les plongées en Mer Rouge sont toujours remarquables, il faut bien reconnaître que certains lieux, comme Hurghada par exemple, peuvent paraître un peu sur fréquentés. C’est le moment de découvrir les plongées dans le Golfe d’Aqaba et particulièrement à Dahab.

Mise à l’eau, devant le trou bleu de Dahab.

Plonger du bord

Le principal attrait des plongées à Dahab réside dans le fait qu’on n’a jamais besoin de bateau : tous les sites sont accessibles à pied ! Vous pouvez plonger relax, à l’heure de votre choix. Pour une raison simple : il est plus facile d’affréter une jeep qu’un bateau entier. C’est ainsi qu’il est possible de faire de très belles plongées de nuit, par exemple, juste au pied des hôtels ! Les fonds sont essentiellement coralliens et les tombants vertigineux, hébergeant une foule d’espèces. Islands, the Canyon, Blue Hole, Lighthouse : autant de classiques incontournables…

Le trou bleu, à l’emporte pièce dans le récif.

J’ai découvert la destination il y a plus de vingt ans et y suis retourné régulièrement depuis, envoûté par la « ville dorée ». Dahab, c’est un style, une ambiance décontractée, des paysages chargés d’histoire et surtout des fonds magnifiques et variés. Ici, on plonge sans bateau, mais avec des chameaux. Quand palanquée rime avec méharée…

Les plongées se vivent mieux qu’elles ne se décrivent et à Dahab vous n’aurez que l’embarras du choix : je vous laisse découvrir les sites et, sans doute, écrire votre propre histoire.

Pour ma part, j’ai choisi de vous raconter ce que, lors de votre séjour, vous n’aurez peut-être pas l’occasion de faire : un safari plongée dans le désert ! Une expérience que je vous recommande « chaudement » et qui est proposée par plusieurs centres de plongée de Dahab (link).

Un safari plongée dans le Sinaï

Notre jeep, pleine à craquer de matériel de plongée, se fraye un lent chemin sur la piste du grand Sud. Nous avons quitté les sables d’or de Dahab (la ville dorée en arabe) tôt ce matin. A notre droite, les murailles jaunes du Sinaï. A notre gauche, au delà du précipice, le bleu profond de la mer Rouge ourlée de corail. Au loin, de l’autre côté du Golfe d’Aqaba, les montagnes rouges de l’Arabie Saoudite… Nous som¬mes au centre des forces tectoniques qui ont crées la mer Rou¬ge, divisant les plaques afri¬caines et asiatiques. A mê¬me les roches, grès, granits et calcaires, on lit encore les traces de ce cataclysme lent. Il n’est que 8 heures mais la chaleur fait déjà trembler l’horizon. La remorque, recouverte de tapis multicolores pour protéger le matériel du soleil, vient de se décrocher. Les ordres en arabe fusent. Il faut descendre de la jeep, aider à franchir un goulet. A plusieurs reprises, le véhicule manque de basculer dans le vide… On reconnaît les Blancs à leur couleur : ils sont couvert d’écran total !

Enfin, nous rejoignons le niveau de la mer. Nous roulons sur le platier de corail fossile. Bientôt, même les véhicules ne passent plus. Nous sommes arrêtés sur un immense delta de roches roulées : il y a donc parfois de l’eau dans ce désert-là ? Les guides me confirment qu’une crue violente a emportée une boutique de location de jeep, en plein cœur de Dahab, et qu’il n’en reste rien…

« Plongez sur la piste de l’Ancien Testament »

L’obstacle semble infranchissable. Mais lentement, surgissent des dromadaires venus de nulle part. Nul doute que derrière les mirages de chaleur existe un débouché de canyon, invisible, ton sur ton, à cause de la distance. Des hom¬mes en blanc naissent dans la fournaise : les bédouins, population dominante du Sinaï, qui se réclament les descendants des tribus d’Hejaz, et se considèrent parmi les lignées arabes les plus pures. Bien qu’ils soient devenus musulmans, les bédouins ont conservé des superstitions et des rites paganistes, du “temps de l’obscurité”, avec leurs propres lois. La première de celles-ci est le thé. A même le sol, car ici la terre est logement, un feu d’épines est allumé, une théière noircie assise dessus, tandis que des ga¬let¬tes de farine sautent dans les mains habituées avant de gril¬ler sur les braises. Le thé est incroyablement sucré et sa température assez élevée pour faire fondre les plombages. Sans doute pour rendre la température ambiante supportable. L’haleine fétide des chameaux flotte dans l’atmosphère tandis qu’ils attendent leur chargement. Quelles curieuses bêtes ! Râpées, tou¬tes de cals et de poussière, ruminant inlassablement un repas ancien. Le matériel est débarqué des jeeps : bouteil¬les, compresseur, VHF, sacs et divers, dans le plus parfait dé¬sordre, chaque toile claquant dans ce vent incessant d’incendie sans flammes. Les bédouins parviennent à faire tenir le matériel d’une expédition de trois jours, sur les flancs des chameaux dont on est sûr à ce moment qu’ils ne pourront pas se relever ! Mais ils se déplient et, comme dans les écrits anciens, la caravane s’ébranle vers un horizon incertain, toujours plus au sud, pour qua¬tre heures de méharée. C’est ainsi que nous partons plonger, sur les “nobles vaisseaux du désert”. Sous mon crâne, mes pensées s’évadent. Les pharaons venaient ici, à la recherche d’or de cuivre et de turquoise… C’est ici que furent révélés à Moïse les Dix Commandements. Il est temps pour nous d’ouvrir la mer Rouge…

« Des fonds inexplorés »

Un dégradé de bleu en porcelaine de corail… Nuages d’anthias orange, sergent major en pyjama, poissons-clowns batailleurs, viennent aux nouvelles : il faut ici se laisser guider par la fau¬ne ; cha¬que recoin est peuplé… Et nous comprenons le sourire de nos guides : cette mer Rouge là est absolument intacte : je jurerais que nous som¬mes les premiers à plonger ici. A vingt mètres fleurissent des gorgo¬nes géantes décorées des lampions vivants de poissons dragons. Un mérou tacheté maraude ; plus élancé, plus carnassier : la vie est ici plus dure… Un baliste défend bec et ongles sa tanière de corail de feu, autre buisson ardent. Sans mouvements su¬per¬flus, les plongées durent plus d’une d’heure, mais il est bien difficile de résister à l’attraction du bleu : A 30 mètres, il y a toujours quelque chose à voir de plus profond et de mystérieux. Je regretterai longtemps cette entrée de canyon, à peine dissimulée par son rideau de coraux mauves…

En surface, la tente est dressée, seul abri contre le soleil féroce. Les bédouins ont préparé un repas de poissons. L’un d’eux a passé des heures dans l’eau, au dessus du tombant avec masque et tuba. Il pêche à la ligne faisant danser son leurre devant la mâchoire des mérous et balistes, qui gril¬leront au feu. Les dromadaires à l’entrave nous regardent manger et boire, étanches. Le compresseur brasse la fournaise pour en remplir les cylindres d’alu chauffés à blanc. Pour nos épidermes européens, un seul salut : la plongée…

Le soleil s’est couché derrière les montagnes noires, teintant le ciel d’encre violette. Les premières étoiles apparaissent, les odeurs du désert viennent remplacer la lumière. Senteur mentholée du rabla, feuilles vertes qui rejoignent le thé chaud, melons sauvages, ovoïdes et cou¬verts de piquants qui servent de suppositoires ! C’est le moment où la peau brûlée se souvient du jour, ou les pensées vagabondent, les âmes se libèrent, les souvenirs affluent… Le vent desséché, venu d’Arabie Saoudite, soufflera toute la nuit. Occasion de décrypter le magnifique planétarium qui constitue notre plafond. Cham¬¬bre à coucher : le Sinaï ; sommier : cailloux du désert ; matelas et couverture : tapis et voie lactée. Une nuit minérale ponctuée d’insomnie étoilée. Nos vœux de plongeurs sont comblés et les étoiles filent en pure perte… Après trois jours hors du temps, nous reprenons le chemin de Dahab. La mer Rouge retrouvée ? Sans aucun doute.

Tournage du premier épisode des « Carnets de Plongée »… (Encadré)

Un dromadaire qui aimait l’eau mais pas les caméras !

Quand débuta l’aventure des Carnets de Plongée » (une série de 35 documentaires sur les plus beaux sites de plongée du monde) il fallu tourner un « pilote », c’est à dire un film destiné à convaincre les chaines de télévision d’acheter le programme. Et se posa la question de la destination. Sans hésiter, j’avais choisi Dahab que je connaissais bien, pour « essuyer les plâtres ».

Le plateau de début fut un vrai cauchemar. Juché sur un dromadaire plein de bouteilles de plongée comme il est d’usage lors des safaris plongée, je devais m’approcher de la caméra tout en débitant un vrai tunnel, c’est à dire une séquence de présentation très longue. Après deux ou trois essais pour caler le plan (il fallait le finir avant de bousculer la caméra posée sur pied), j’attaquais la prise. Mais invariablement, essais après essais, mon dromadaire bifurquait dès qu’il voyait la caméra et entrait de plein pied dans la Mer Rouge jusqu’à mi corps. Sachant qu‘ici le tombant est très proche du bord, je voyais le moment ou j’allais avoir à utiliser les bouteilles accrochées au flanc de l’animal ! D’autant que la bête refusait de sortir de l’eau et que j’étais incapable de trouver la marche arrière… Avec l’aide des bédouins qui hurlaient des ordres en arabe dont je ne savais plus à la fin auquel des animaux ils s’adressaient (le porteur ou le porté) nous rejoignons la terre ferme, pour tout recommencer. Deux fois, Trois fois, dix fois ! Et invariablement le plan tombait à l’eau. Quel chameau ! Finalement, miracle, je maitrisais suffisamment « la noble conquête du désert » pour terminer ce plateau ailleurs que sur le platier. Entre temps, le foulard bédouin s’était dénoué et pendait comme un torchon à vaisselle : bref, j’avais l’air idiot !

4 plongées à ne pas manquer à Dahab

The Bells (Accès par la route)

Un vertigineux tombant…

La « cloche » est une crevasse profonde qui fend le récif au nord du Trou Bleu, dans laquelle la mise à l’eau se fait en sautant ! Par une petite arche, elle débouche sur le grand bleu à -25m et il faut suivre le tombant à droite, en passant devant un énorme massif rose de corail mou. Après une magnifique dérive dans la zone des 30 mètres en gardant un œil sur le large (passage occasionnel de baleines, requins marteaux…), on retrouve à la fin de la plongée l’accès du large au Trou Bleu, presque à ras de l’eau, gouffre qu’il faut traverser, au dessus du vide aquatique, pour retrouver la côte. Le trou bleu lui-même mérite plusieurs plongées à lui seul.

Blue Hole (Accès par la route)

Un dromadaire qui aimait l’eau mais pas les caméras !

Il y a des spots de plongée qui font rêver : Le Blue Hole, situé à 8km au nord de Dahab en Égypte, en fait partie ! C’est un gouffre, creusé à l’emporte pièce dans le platier de corail avec une profondeur de plus de 100 mètres. À 55 mètres, une arche illuminée de presque 30 mètres de long permet de rejoindre le large sur un magnifique et vertigineux tombant, de plus de 700 mètres ! Le Blue Hole est ainsi devenu la « Mecque du Tek » en quelques années.

Canyon (Accès par la route – Situé a cinq minutes Nord-Est à la palme de la sortie de la lagune)

Le canyon, dans sa partie élargie.

Vu du sommet, le Canyon ressemble à la coquille cannelée d’une huître entrouverte. Il s’agit d’une de ces immenses crevasses qui témoignent des mouvements tectoniques de la région et qui permettent de visiter le récif de l’intérieur.

Plongée semi souterraine débutant dans le « fish bowl » à -12m et s’achevant vers -30m. D’autres sorties existent, beaucoup plus bas.

Island (Accès par la route et ensuite à la palme)

Un rêve de corail.

Un dédale de jardins coralliens de toutes espèces aux couleurs vives. Nombreux bancs de poissons, barracudas, tortues et architecture spectaculaire de coraux

Une plongée très agréable, inondée de soleil, formidable pour les débutants avec une profondeur maximale de 16 mètres.

Nous aussi !

Et, pour finir ce petit voyage, les images de la performance de l’apnéiste William Trubridge traversant l’arche du Trou Bleu… à la brasse. Vous n’êtes pas forcé de l’imiter. Bonne journée et rendez-vous à Dahab !